Aujourd’hui, la mondialisation économique et l’interconnectivité du monde se poursuivent avec la multiplication des régimes internationaux. Vingt-huit ans après la fin du monde bipolaire, le régionalisme semble être devenu un trait permanent de la gouvernance mondiale, résistant aux crises et capable de s’adapter aux changements du pouvoir global. Qu’en est-il exactement en Afrique ?

Depuis leur accession à l’indépendance, presque tous les pays africains ont souscrit à l’idée de l’intégration régionale. Celle-ci (intégration régionale) est considérée comme le cadre pouvant permettre de surmonter les obstacles au commerce intra-africain. Ainsi, la suppression de ces obstacles créerait des marchés régionaux plus vastes permettant de réaliser des économies d’échelle, de soutenir les systèmes de production et les marchés et de renforcer la compétitivité de l’Afrique (Adedeji, 2002).

Cette adhésion au régionalisme s’inscrit dans l’aspiration plus large à l’intégration du continent; laquelle aspiration trouve ses racines dans le mouvement panafricain pour les valeurs partagées, l’autonomie collective pour le développement et l’indépendance économique. Dès le début du processus de décolonisation dans les années 1960, l’établissement de communautés économiques sous-régionales a été un volet important de la stratégie de développement de l’Afrique.

Ce regroupement thématique a pour objet de mener une réflexion sur les régionalismes en Afrique. Il s’agit d’en déceler les contours, les acteurs et d’en dessiner les formes, dans la perspective d’une intégration continentale selon les termes de l’agenda 2063. Il s’agira aussi, dans une optique prospective, d’anticiper et d’analyser les mécanismes pouvant en constituer des obstacles et défis. Une démarche comparative pourrait confronter les expériences africaines à celles d’autres continent (Union européenne, ALENA, MERCOSUR, ASEA, etc.). Le régionalisme est-il le moteur du développement du continent africain ?

Dans cette optique, les chercheurs associés à ce regroupement sont engagés dans une démarche pluridisciplinaire qui favorise la prise en compte d’un problème dans tous ses aspects (culturel, économique, historique, juridique, politique, sociologique, etc).

 

Léonard Matala-Tala

Malik Sane